Petite chronique culturelle de Florence

 

Pourquoi cette chronique ? vous demandez-vous.
Parce que c'est ma façon de m'engager pour la commune, maintenant que, à la retraite, j'ai du temps libre.
Si je me permets de donner des conseils, c'est que j'ai été professeur de français pendant 42 ans (je suis agrégée de Lettres modernes) et que les livres, c'est mon domaine de prédilection. Mais pas seulement, car j'aime les arts en général: danse, musique, cinéma, théâtre, peinture, sculpture, etc...
J'essaie de vous proposer des créateurs dans les domaines les plus variés, afin d'aiguiser votre curiosité. La culture appartient à tous, on trouve toujours le temps de découvrir des artistes, et il y a un certain bonheur à voir le monde sous d'autres angles grâce à eux et à sortir de notre cocon routinier. 

La culture, ça se partage aussi, c'est pourquoi je vous invite à enrichir cette petite chronique, en faisant part vous aussi de vos découvertes. Envoyez les moi à cette adresse.

#2022-6

Bonjour!
Bientôt l'été, même s'il a commencé plus tôt que prévu, et avec l'été la fête de la musique et tous les festivals qui se déroulent en cette saison.
Les Eurockéennes de Belfort du 30 juin au 3 juillet, La route du rock à Saint Malo du 17 au 20 août, Jazz in Marciac du 22 juillet au 6 août, Les Vieilles charrues à Carhaix du 14 au 17 juillet, Les Francofolies de La Rochelle du 13 au 17 juillet, Nice jazz festival du 15 au 19 juillet, et je n'énumère ici qu'une infime partie de tout ce qui existe. Le mieux c'est d'aller voir sur Internet, selon que vous partez en vacances ou non, ce qui existe là où vous serez en juillet ou en août.

Aux Dominicaines de Pont L'Evêque est exposé Sam Szafran, dont je vous parlais il y a quelques mois. 
Les films Coupez!  Don JuanFrère et soeur, programmés au cinéma Le Concorde, ont de bonnes critiques.
 

J'ai beaucoup aimé la série Entrevias sur Netflix, courte et bien menée. Je recommande aussi le film Contrecoups, sur Netflix, avec une fin plutôt inattendue.
Un film assez déjanté, Cours, Lola, cours, est disponible sur Arte.tv jusqu'au 30 juin.
Sur Arte.tv encore, Artekinoclassics, un festival de films parmi lesquels l'excellent Carmen de Saura, mais aussi une rétrospective des films de Pialat
Enfin, le site de Folio propose des idées de lecture très variées parmi lesquelles vous pourrez trouver votre bonheur.
Vous connaissez Fred Vargas comme auteur de romans policiers, tout le monde ne sait pas qu'elle est docteur en archéozoologie et chercheur au CNRS. Son livre L'Humanité en péril est passionnant mais aussi très inquiétant. Cela dit, il a l'intérêt de donner des solutions au lieu de seulement établir des constats alarmants, et tout espoir n'est donc pas perdu.

Voici les solutions de la devinette sur les mots masculins ou féminins. On dit: 
- un éloge, un antidote, un exutoire, un haltère, un astérisque, un apogée
- une échappatoire, une oasis.
Ce qui fait hésiter, c'est le fait que ces mots commencent tous par une voyelle prononcée (le h ne compte pas), donc on les emploie avec le même article défini : l'.
On dit faire l'éloge de quelqu'un, l'apogée de l'empire romain, et ça n'indique rien sur le genre du mot.

Profitez bien de l'été, faites le plein de chaleur !
Florence
 


 

 

#2022-5

Bonjour!
En ce moment où les regards sont tournés vers l'Est, je voudrais vous suggérer quelques oeuvres incontournables.
Si vous ne connaissez Franz Kafka que de nom, et que le désir vous prend de le lire, commencez par un texte court, soit la Lettre au père où il explique qu'il n'a aucune envie d'exercer le même métier que son père, un très beau texte où pourront se reconnaître tous les fils qui ont des problèmes de communication avec leur père. De Kafka aussi, la nouvelle fantastique La Métamorphose.
De Vassili Grossmann, Vie et destin, un magnifique roman parlant de la 2nde guerre mondiale, interdit en URSS pendant des décennies. Pour en savoir plus sur lui, vous pouvez vous rendre sur le site de France Culture et lire l'article que lui consacre Chloé Leprince le 2/7/2021.
Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature, a mis sa plume au service des femmes russes combattantes contre le nazisme, c'est impressionnant : La Guerre n'a pas un visage de femme
En cherchant un peu, on trouve, et j'ai découvert un site qui recense énormément d'écrivains d'Europe de l'Est: dont Imre Kertesz, Sandor Marai, Ludmila Oulitskaïa, Andrei Kourkov et tant d'autres. Milan Kundera est un romancier connu en France, pour L'Insoutenable légèreté de l'être. Les essais de sociologie de Tzvetan Todorov sont remarquables eux aussi.
Le dernier album de Reporters sans frontières met à l'honneur le photographe de guerre Patrick Chauvel, qui a cinquante ans de carrière derrière lui !
Au cinéma de Pont L'Evêque, plusieurs films prometteurs  : L'Ombre d'un mensonge, A plein temps, En corps. 
Ceux qui ont aimé la 1ère saison de En thérapie apprécieront l'arrivée sur Arte;tv  de la saison 2, dès ce soir, 30 mars.
Quelques expositions à Paris: une sur l'oeuvre de Saint Exupéry, Le Petit prince, au Musée des Arts décoratifs, une autre de Raymond Depardon et Kamel Daoud sur l'Algérie,de 1961 à 2019 à l'Institut du Monde arabe.
Bonnes découvertes

Une devinette avant de vous quitter. C'est trop bête de ne pas utiliser certains mots parce qu'on a oublié s'ils sont masculins ou féminins. C'est bête parce qu'à force de perdre des mots, on finit par laisser les autres parler à notre place. C'est notre langue maternelle, quand même, alors ! A vous de jouer ...

un ou une éloge ? échappatoire ? oasis ? antidote ? exutoire ? haltère ? astérisque ? apogée ?

A bientôt
Florence
 







 


 

#2022-4

Bonjour !
Voici ce qu'écrivait Etienne de la Boétie, grand ami de Montaigne, en 1576, à propos de la tyrannie, qui selon lui revenait à une "servitude volontaire" :
"Celui qui vous maîtrise tant n'a que deux yeux, n'a que deux mains, n'a qu'un corps (...)  Ne le soutenez plus, et vous le verrez comme un grand Colosse, à qui on a dérobé la base, de son poids même fondre en bas, et se rompre."
Nul besoin de nommer le tyran qui à lui seul veut mettre le monde à feu et à sang, mais on aimerait que son peuple en prenne conscience.
Impossible de faire l'autruche en ignorant l'actualité, et le mieux est de se documenter. Pour cela, Arte.tv propose beaucoup de films et de reportages sur l'Ukraine parfois très courts. Masha Kondakova a suivi le quotidien de trois femmes soldats dans le film Inner Wars. Dans un autre registre, satirique cette fois, on peut trouver sur Arte la série qui a popularisé l'actuel président ukrainien, Volodymyr Zelensky : Serviteur du peuple

L'art console aussi, il est la preuve de notre humanité, et quand on n'en peut plus de cette actualité, il reste quelques fictions à savourer, sur Arte.tv encore :
Le Havre d'Aki Kaurismäki, L'Adieu à la nuit de Téchiné avec Catherine Deneuve, des séries comme Whitechapel, Alger confidentiel, Occupied (qui rejoint l'actualité !), Mes funérailles,  et d'autres, à vous d'être un peu curieux.
On peut rêver sur les créateurs de haute couture, Yves Saint Laurent, Azzedine Alaïa
Le cinéma de Pont L'Evêque a programmé Belfast de Kenneth Branagh du 16 au 22 mars.

Si vous allez faire un tour à Paris, la Fondation Cartier abrite l'exposition d'une photographe mexicaine, Graciela Iturbide, et l'exposition Pionnières au  musée du Luxembourg montre le rôle primordial d'artistes femmes dans le développement des grands mouvements artistiques de la modernité.

Je n'ai pas de romans à vous proposer pour le moment, je vais relire les Contes d'Odessa d'Isaac Babel (le seul nom d'Odessa ne fait-il pas rêver?) et découvrir un essai d'Alexandra Laignel-Lavastine: Pour quoi serions-nous encore prêts à mourir? 

Je vous souhaite à tous de garder le moral.
A bientôt
Florence
 


                                        

#2022-3

Des livres à lire tout d'abord ?
Quelques essais, pour commencer, Chloé Morin: On a les Politiques qu'on mérite. Vous pouvez l'écouter sur le podcast de l'émission La Grande table où elle était reçue, sur France Culture ce lundi 14 février
Laurent Joly: La Falsification de l'Histoire, qui remet les vérités en place.
Emmanuel Todd: Où en sommes-nous? . En fait je voulais me procurer Où en sont-elles? du même auteur, et j'ai confondu les titres, me retrouvant avec un pavé de 480 pages. Eh bien je ne regrette rien, c'était génial, En gros, Todd explique comment les structures familiales (famille nucléaire / famille-souche / famille communautaire), éducatives, religieuses, sous-tendent les évolutions politiques et économiques.
Quelques romans, ensuite : Le Grand monde de Pierre Lemaître, Une sortie honorable d'Eric Vuillard, La Décision de Karine Tuil, Anéantir de Michel Houellebecq.

Si la traversée maritime jusqu'à Guernesey vous tente peu en ce moment, vous pouvez visiter la maison de Victor Hugo (qui a eu le courage de s'exiler pendant 19 ans en réaction au coup d'Etat de Napoléon III), Hauteville House, sur Arte,
Sur Arte aussi, un documentaire sur la fuite des huguenots, en 2 épisodes de  48 mn chacun, une mini-série en hommage à l'acteur Gaspard Ulliel, Il était une seconde fois, la série danoise Borgen, une femme au pouvoir.

Quelques sorties en perspective : le film Un autre monde avec Vincent Lindon devrait sortir sous peu, 
Nadia et Fernand Léger sont exposés aux Franciscaines jusqu'au 8 mai et Un coeur simple, d'après la très belle nouvelle de Flaubert, est mis en scène au cinéma -théâtre Le Concorde le 24 février à 20h30.

L'écrivain italien Erri de Luca est l'invité de la Bibliothèque Nationale de France mardi 15 février à midi, cela sera retransmis sur France-Culture.

Voilà !  A bientôt !
Florence


 

   

#2022-2

Bonjour !
Impossible de ne pas célébrer Molière, né le 15 janvier 1622. Nous avons tous tendance à le considérer comme un auteur classique parce que nous l'avons lu au collège, mais si classique au sens large signifie ennuyeux ou poussiéreux, je vais essayer de vous prouver qu'il n'en est rien.
A son époque, Molière est transgressif, et lorsqu'on regarde de près les thèmes qu'il aborde, ce sont effectivement des sujets qui fâchaient au XVIIème siècle, et qui fâchent encore maintenant. Ce n'est pas pour rien que ses deux pièces majeures: Le Tartuffe et Don Juan, ont été censurées de son vivant.
Comme Molière aime dénoncer les imposteurs en tous genres, en faisant rire de leurs vices, il se fait un certain nombre d'ennemis qui se sentent visés.
Il se moque du faux savoir des médecins incompétents dans Le Malade imaginaire, en leur donnant le nom flatteur de Diafoirus (père et fils), médecins qui jargonnent en latin pour masquer leur ignorance. Il dénonce les mariages forcés,(c'est toujours d'actualité de par le monde, non?), et il fait gagner les jeunes contre les vieux à la fin de chaque pièce, en finissant par un mariage d'amour, et les jeunes sont d'ailleurs aidés par les domestiques, souvent plus malins que leurs vieux maîtres. Il dénonce l'état d'ignorance et d'illettrisme où certains veulent maintenir les femmes (ça ne vous évoque rien, ça aussi?), dans L'Ecole des femmes, où le vieil Arnolphe édicte des règles à la jeune Agnès, sa future épouse docile, qui doit seulement, d'après lui, "savoir prier Dieu, m'aimer, coudre et filer".
Il démasque les faux dévots, qui camouflent leur ambition sous des apparences de ferveur religieuse. C'est le cas de la pièce Le Tartuffe, considérée par la metteuse en scène Ariane Mnouchkine comme une "fontaine de jouvence", tellement elle redevient périodiquement d'actualité. La religion dominante n'est pas la même selon les époques ou les pays, mais les comportements hypocrites de ceux qui l'utilisent à des fins personnelles inavouables sont les mêmes. C'est d'ailleurs de cette pièce que viennent certains vers connus de tous, comme ceux-ci:
"Que fait là votre main?" (demande Elmire à Tartuffe qui essaye de la palper), à quoi le fourbe répond : "Je tâte votre habit: l'étoffe en est moelleuse", et un peu plus loin : "Ah! pour être dévot je n'en suis pas moins homme."
Dans la même pièce, Tartuffe interpelle ainsi la servante Dorine : "Couvrez ce sein que je ne saurais voir." et celle-ci, qui a de la répartie, lui envoie cette réplique jubilatoire : "Et je vous verrais nu du haut jusques en bas / Que toute votre peau ne me tenterait pas".
Vous voyez bien que Molière a encore des choses à nous dire et qu'il est en phase avec notre époque.
Et je ne vais pas vous énumérer tous les passages comiques de ses pièces, la servante Toinette qui se déguise en médecin, ou qui fait jouer le mort à son maître Argan pour qu'il voie si sa femme l'aime vraiment (il est déçu le pauvre), ou la scène de L'Avare où Cléante le fils retire du doigt de son père Harpagon un diamant pour l'offrir à Mariane, et lorsque son père l'insulte tout bas, il fait croire à Mariane que c'est parce qu'elle n'accepte pas assez vite le diamant.
Vous remarquez la transition vers la solution à la dernière devinette?
Je dis "je ne vais pas vous énumérer" tout en énumérant. C'est une prétérition, et nous en faisons tous fréquemment..
Si vous êtes tentés de vous replonger dans Molière pendant une heure ou deux, franchement, Le Tartuffe est la plus riche de ses pièces, une des plus jouées et celle qui a connu les interprétations les plus divergentes, Et si la lecture vous rebute, vous pouvez chercher des mises en scène  sur Internet, sur Youtube entre autres.

A bientôt
Florence
 

#2022-1

Bonne Année à tous !

Quand on va faire un tour sur Arte.tv, ce que je vous recommande instamment, on a le plaisir de constater que leur site se renouvelle beaucoup, c'est ainsi que je viens de découvrir un documentaire sur Mohammed Ali, une visite virtuelle du Musée de l'Ermitage à Saint Pétersbourg, et un film où Sophie Marceau incarne une actrice célèbre du XVIIème siècle, la Du Parc : Marquise.
Attention cependant, la durée est souvent limitée, Je ne cite là que quelques trouvailles, mais on trouve sur Arte.tv de nombreux documentaires sur tous les sujets, dans la rubrique "décryptage et investigation", tels que Sous les radars des algorithmes, entre autres.

Tout le monde ces temps-ci s'autoproclame sociologue, et il paraît un nombre incommensurable d'essais en tous genres. De ce fouillis émerge, à mes yeux du moins, Jérôme Fourquet, que l'on entend parfois dans les médias, et qui a la modestie caractéristique des vrais savants, Il s'est fait remarquer en 2019 par L'Archipel français, et son dernier ouvrage, en collaboration avec J.L; Cassely, s'intitule : La France sous nos yeux. Ils y expliquent les bouleversements du pays, le passage d'une société industrielle à une société de services, qui se résume presque par le triptyque "usine-cité-stade" devenu "maison-voiture-hypermarché". 

Dans les romans, je peux vous en conseiller un, court et très drôle, de Douglas Kennedy: Piège nuptial.
Maylis de Kerangal a eu beaucoup de succès avec Réparer les vivants, un roman traitant d'un thème à première vue fort peu romanesque, le don d'organe. Extraordinaire !

Je voudrais terminer cette chronique en abordant la langue, parce que c'est tout aussi important que la littérature. 
Ceux qui s'intéressent à l'origine des mots se régaleront à lire les ouvrages de la linguiste Henriette Walter, tous parus en format poche : Le français d'ici, de là, de là-bas, Le français dans tous les sens, L'Aventure des mots français venus d'ailleurs. Ils se lisent comme des romans, elle ne jargonne pas, c'est parfaitement compréhensible, amusant très souvent et on en apprend énormément sur notre langue, ne seraient-ce que les noms du pain dans les différentes régions.

Vous avez sûrement entendu parler du "pronom" iel, introduit dans le dictionnaire Robert ?
Si, comme moi, vous pensez que c'est une ânerie (je reste polie), voici quelques arguments.
Il est normal que le dictionnaire suive l'évolution de la société en acceptant des mots nouveaux, par exemple les noms de métiers qui se féminisent puisque des femmes les exercent. Un pronom personnel en revanche ne fait pas partie du lexique, du vocabulaire, mais des outils qui nous permettent de construire des phrases, et là, on n'est plus dans le vocabulaire mais dans la grammaire. Et la grammaire dit les règles. Donc on ne peut pas modifier les règles ainsi, en inventant des pronoms. J'ajouterais qu'il y a de vrais problèmes qui touchent les femmes, tels que l'inégalité des salaires à travail égal, et que cela semble tout de même plus urgent à résoudre.

Une dernière chose, plus légère. Nul besoin d'être écrivain pour manier les figures de style, nous en utilisons tous les jours, souvent sans le savoir.
Quand nous disons "j'te raconte pas" avant de raconter notre mésaventure pendant un quart d'heure, quand nous disons "sans me vanter" avant de précisément nous vanter de notre exploit, ou quand nous disons "Tartempion et Machinchose, pour ne pas les nommer", alors que justement on les nomme, eh bien, ça a un nom. Mais c'est à vous de chercher, hé hé, je ne vous le dirai que dans la prochaine chronique. Cette figure consiste à prétendre qu'on ne dit pas, tout en disant (je ne raconte pas mais je raconte, je ne me vante pas mais je me vante, je ne dénonce pas mais je dénonce).
Bon allez, le nom de la figure commence par un P.

Il y aura d'autre figures de style dans les prochaines chroniques, et d'autres titres de livres et de films.
A bientôt
Florence









 

PS: Il fallait absolument que je vous signale deux films qui passent cette semaine au Concorde à Pont l'Evêque :
Celui de Pedro Almodovar: Madres parallelas, et celui de Nanni Moretti: Tre piani.

 

#2021-10

Bonjour !
Allez, il faut garder le moral, ce n'est pas un malheureux virus qui aura notre peau, non mais alors !!!

Le site d'Arte.tv propose quelques films et séries assez variés  : un film de Ken Loach, Jimmy's Hall, programmé jusqu'au 9 décembre, Espion(s), jusqu'au 7 décembre, Criminal justice jusqu'au 28 décembre, Basse saison jusqu'au 19 mars. Une pépite aussi, un chef-d'oeuvre de Bunuel : L'Ange exterminateur, mais qui n'est programmé que jusqu'au 5 décembre. (désolée pour le tilde sur le "n", je ne sais pas accéder aux caractères spéciaux).

Le Concorde à Pont L'Evêque passera L'Evènement dans la semaine du 8 au 14 décembre, un film sur l'avortement inspiré d'un roman d'Annie Ernaux. 
Si vous faites une escapade à Paris, il y a des expositions comme celle du photographe Steve Mc Curry au musée Maillol, jusqu'au 6 mars, Je vous recommanderais bien celle de la collection des frères Morozov à la fondation Vuitton, mais lorsqu'on lit les avis, on s'aperçoit que les gens sont mécontents d'avoir à faire la queue alors qu'ils ont réservé, et qu'il y a vraiment trop d'affluence. Vous pouvez cliquer sur le lien et suivre la visite virtuelle en compagnie de la commissaire de l'exposition.
 

Comme il est bon pour la santé de rire tous les jours (si possible), je soumets à votre attention quelques trouvailles.
Voltaire, on le sait, avait la dent dure contre ses adversaires, et il valait mieux être de ses amis. Voici une épigramme (court poème qui s'achève sur un trait piquant) qu'il fit circuler contre un certain Fréron .
L'autre jour, au fond d'un vallon, 
Un serpent mordit Jean Fréron.
Que pensez-vous qu'il arriva?
Ce fut le serpent qui creva !

Dans un tout autre style, les mots-valises (deux mots condensés en un seul), Alain Finkielkraut a écrit il y a quelques années un Petit Fictionnaire illustré dont voici quelques échantillons :
Bidingue: qui délire en deux langues
Sapotage: soupe servie trop froide, intentionnellement
Tracteur : comédien saisi par l'angoisse au moment d'entrer en scène
Constipassion : amour timide qui n'arrive pas à se déclarer.

Il y a un jeu pour lequel il suffit d'être deux complices. Cela consiste, à table, avec un certain nombre d'adultes, à placer innocemment dans la conversation, quelques mots plutôt rares, qu'en général personne ne connaît.
Par exemple : les ressources halieutiques se raréfient (= il y a de moins en moins de poissons dans la mer).
Les réactions des convives sont assez drôles : comme ils ne connaissent pas le sens du mot, mais qu'ils n'osent pas le dire, ils ne posent pas de question, mais en même temps, vu que votre complice a l'air de comprendre parfaitement le mot, ils se disent qu'ils ont dû louper quelque chose et qu'ils sont les seuls à ignorer ce mot.
Et vous pouvez en placer trois ou quatre comme cela, à tour de rôle, avec un air naturel, A la fin, il faut quand même dire à tout le monde que c'était une blague.
Prenez des mots assez longs, que tout le monde les entende, par exemple "palinodie" (= changement d'opinion), "réticulaire" (= qui forme un réseau), à vous de jouer et de trouver de jolis mots qui sonnent bien.

Pas très sérieux, tout ça, oui, je sais, mais la vie est brève, les jours sont courts, et il faut bien s'amuser aussi.

A bientôt, avec des titres de livres.
Florence

 

                                                                           
 

PS :  Un lecteur m'écrit ceci à propos de l'exposition Morozov : "On ne peut pas rater l'exposition de la fondation LVMH, la plupart des tableaux présentés étaient à l'Ermitage et n'avaient jamais été présentés en France". Je me devais de vous le signaler.

  

#2021-9

Bonjour !
Un film très marquant a été programmé en octobre au cinéma de Pont l'Evêque : La Voix d'Aïda, qui raconte le massacre de Srebrenica, en 1995, en Bosnie. Le mois de novembre s'annonce prometteur puisque nous pourrons voir au Concorde : Illusions perdues, d'après l'oeuvre de Balzac, dont il est dit que les types humains dépeints par le romancier préfigurent les types humains actuels.
Sont à l'affiche également les films La Fracture, et Barbaque. Bien entendu, il y a d'autres films au programme, mais ces trois-là sont vraiment ceux qu'il ne faudrait pas louper.
J'ai justement loupé Debout les femmes, de François Ruffin, il faut dire que ce film ne passe pas partout, et c'est dommage.
Arte.tv  propose une série  intitulée H24 , faite de mini-séquences de 4 ou 5 mn chacune sur les diverses formes de harcèlement que subissent les femmes au quotidien. La chaîne est décidément riche de films en tous genres, 
et vous y trouverez actuellement aussi bien un film avec Muriel Robin, Doutes, un autre d'après le roman de Beigbeder : L'Amour dure trois ans, mais aussi des portraits des grands du 7ème art parmi lesquels Trintignant, Pialat, Sophia Loren et tant d'autres.

Les documentaires aussi y sont nombreux et variés, sur l'Histoire (Les routes de l'esclavage, Corleone...) comme sur la société actuelle (laboratoires pharmaceutiques, Journal d'un médecin de ville ...).
Vous connaissez Axel Kahn, le médecin généticien qui est décédé en juillet dernier. Son récit Pensées en chemin relate son parcours à pied depuis les Ardennes jusqu'à la frontière espagnole, et on y découvre la simplicité de l'homme en même temps que la beauté des paysages. On y apprend la vie des différentes régions qu'il traverse, au gré des gens qu'il rencontre.
Je vous mets en lien le programme de la Cidrerie de Beuzeville parce qu'il y a des spectacles intéressants à venir.

Que la baisse de luminosité n'affecte pas votre moral !
Portez-vous bien, sortez voir des spectacles, lisez pour vous évader ou pour vous informer, peu importe, et à bientôt !
Florence


 

#2021-8

Bonjour !
Comme c'est souvent le cas lors de la rentrée de septembre, un certain nombre d'événements culturels se profilent, avec quelques dates à retenir.
Les Journées Européennes du Patrimoine se déroulent les 18 et 19 septembre.
Le Salon du Livre de Pont L'Evêque a lieu le samedi 25 septembre. C'est toujours l'occasion d'y voir des écrivains en chair et en os, toujours sympathique.
Le samedi 11 septembre se tient une conférence au cinéma-théâtre le Concorde, sur le milieu carcéral, conférence de Jean-Michel Eude.
Les jeudi 30 septembre et vendredi 1er octobre  a lieu le Forum Mondial Normandie pour la paix  à l'Abbaye aux Dames de Caen. Attention, cette manifestation annuelle et gratuite connaît un grand succès, les places sont vite prises !
 

Si vous voulez oublier un peu l'été pourri que nous subissons, je vous recommande un documentaire de 53 mn sur Rome, actuellement visible sur Arte.tv. Sur le même site, vous trouverez un certain nombre de vidéos sur l'Afghanistan qui permettent de mieux comprendre l'histoire de ce pays. 

Peut-être connaissez-vous Joseph Kessel, auteur du magnifique roman Le Lion ? C'est lui aussi qui a écrit L'Armée des ombres, sur la Résistance, dont Melville a tiré un film, avec Simone Signoret, Lino Ventura, Jean-Pierre Cassel, en 1969 (oui, je sais, c'est au siècle dernier, mais que voulez-vous...)
J'ai découvert un récit  moins connu de lui, Les Mains du miracle, qui parle de la 2nde Guerre mondiale et d'un kinésithérapeute aux mains miraculeuses, justement. 
J'aime la littérature italienne, et Borgho vecchio de Calaciura raconte la vie de pauvres gosses de Palerme avec un style incroyable. Erri de Luca, écrivain et alpiniste, est l'auteur, entre autres, d'Impossibile, un dialogue entre un juge et un prévenu qui va assez loin dans la confrontation.

 


                         

Bonnes sorties, bonnes lectures et à bientôt.

Florence

 

#2021-7

Bonjour !
L'offre culturelle reprend des proportions à peu près normales, nous aurons du choix dorénavant.
Pour les livres, on ne pense pas toujours à lire du théâtre, or s'il est vrai que le théâtre est fait pour être joué, la plupart des pièces sont publiées, donc accessibles en permanence. On entend parler de Florian Zeller dont le film The Father sort actuellement au cinéma de Pont L'Evêque. Il a aussi écrit un petit bijou de drôlerie, L'Envers du décor, où il entremêle conversation et pensées secrètes des personnages, dans deux typographies différentes, et comme évidemment les deux se contredisent, c'est comique.
Yasmina Reza aussi écrit pour le théâtre, et la pièce qui l'a fait connaitre s'intitule Art, jouée la première fois par Luchini, Arditi et Vaneck en 1994. L'un des personnages a acheté excessivement cher un tableau tout blanc et les autres se moquent de lui. C'est court et percutant. On trouve facilement la pièce en vidéo sur Internet.

Le film Des Hommes qui sort actuellement, est tiré d'un roman de Laurent Mauvignier, qui a aussi écrit un livre poignant sur le drame du stade du Heysel en Belgique : Dans la foule.
Le film Nomadland, très primé, devrait valoir la peine d'être vu lui aussi.

Dans les récits et romans, je recommande La Supplication de Svetlana Alexievitch (prix Nobel de littérature 2015, quand même!). Il s'agit de témoignages sur l'explosion de la centrale de Tchernobyl.
Si votre mémoire est bonne, ce titre fait partie des 6 proposés dans ma Chronique n° 4, des titres un peu désespérés. Eh bien j'ai le plaisir d'annoncer que le 6ème de la série n'a plus lieu d'être, Je ne reverrai plus le monde, même si le livre est très beau, parce que son auteur, Ahmet Altan, vient d'être libéré.
J'aime beaucoup la romancière américaine Joyce Carol Oates, et en particulier Ma Vie de cafard, et Sacrifice, qui  se déroulent dans l'Amérique raciste actuelle.

Beaucoup de bons films disponibles sur Arte.tv, comme c'est souvent le cas. Il faut aller voir par vous-mêmes. 
Profitez bien de l'été.

Florence
 

 


Je complète cette chronique avec quelques propositions de spectacles dans les environs plus ou moins proches.
D'abord, le festival Eclats de rue tous les jeudis et vendredis du 8 juillet à la fin août, à Caen.
Il s'agit d' arts de la rue, gratuits et très variés dont le contenu est sur le site.

Ensuite, le théâtre du Tanit à Lisieux annonce ses créations pour la saison 2021-2022.
Le théâtre du Volcan au Havre a une offre très diversifiée, y compris pour les enfants.
Le théâtre de Caen aussi annonce sa programmation sur son site.

Enfin, tous proposent des abonnements avec des prix raisonnables, et c'est maintenant, avant la rentrée, qu'il faut penser à s'inscrire. Sur certains sites, vous trouverez des extraits des spectacles, ou une présentation résumée de l'année à venir. 

 

#2021-6

Bonjour !
Quelques bonnes nouvelles à annoncer enfin !
Le cinéma Le Concorde à Pont L'Evêque rouvre comme prévu mercredi 19 mai, avec une jauge réduite pour le moment à 56 spectateurs.
Quand on sait qu'il va y avoir un véritable embouteillage de films parce que ceux sortis avant le premier confinement viennent en concurrence avec tous ceux qui ont été tournés depuis, cela va donner un vaste choix.

L'ECD : Equipement culturel de Deauville (Les Franciscaines, avenue de la République), a ouvert ses portes. 
L'endroit est magnifique et je vous recommande particulièrement l'exposition temporaire (elle se termine en août 2021) "Sur les chemins du Paradis", organisée par  Régis Debray, qui montre à travers de multiples oeuvres différentes conceptions du paradis, de l'Antiquité à nos jours. Le catalogue de l'exposition est très riche et très documenté.
Les activités proposées aux Franciscaines sont variées et on ne peut plus modernes, comme vous pouvez le voir avec la Micro-folie.
 

Pour les amateurs de séries, Salamandre sur Arte.tv peut vous plaire, une saison de 12 épisodes, dont l'intrigue se déroule dans les milieux politiques belges.
J'ai aussi beaucoup aimé Hatufim, l'histoire de deux soldats israéliens de retour au pays après dix-sept ans de captivité. C'est le même réalisateur qui a produit ensuite la géniale série Homeland, visible sur Netflix.
Si vous aimez Joe Cocker, vous le verrez en concert à Berlin sur Arte.tv jusqu'au 29 mai, mais le mieux c'est que vous alliez vous-même explorer la diversité musicale d'Arte. D'ailleurs vous trouverez toutes vos musiques favorites sur Youtube tout simplement.

Portez-vous bien, n'hésitez pas à me faire part de vos remarques ou de vos suggestions.

Florence
 

#2021-5

Bonjour!

Difficile actuellement de faire des découvertes variées hors les livres et les films ou les séries. Pas de spectacle vivant. 
Je vais tout de même vous proposer quelques livres.
Un essai remarquablement documenté sur la France des "territoires" comme on dit, écrit en 2020 par Salomé Berlioux, intitulé Nos Campagnes suspendues, qui témoigne de la façon dont est vécu le confinement dans la France rurale. C'est passionnant, plein de témoignages, ça parle de tous les âges et de tous les métiers.
Un autre essai, de Régis Debray, Civilisation, au sous-titre explicite: "Comment nous sommes devenus américains".
Enfin, dans la petite collection Tracts de chez Gallimard, Municipales. Banlieues naufragées (39 pages) de Didier Daeninckx, un auteur surtout connu pour ses romans policiers sur fond historique.

Maintenant, pour les films et les séries, j'ai été emballée par des séries turques:
50 m2 (oui, c'est le titre) où l'on voit quelques habitants d'un quartier populaire s'entraider pour éviter d'être expulsés. 
Fi (c'est le titre, là aussi), qui tourne autour d'un milieu d'artistes, danseurs et musiciens, avec un vilain manipulateur qui met la zizanie. C'est magnifique, on voit Istanbul, la musique est belle et l'intrigue est prenante.
Ces deux séries sont visibles sur Netflix.

Peut-être avez-vous pris l'habitude d'aller voir sur le site Arte.tv s'il y a quelque chose de bon à se mettre sous la dent, franchement il y en a pour tous les goûts, aussi bien pour la danse, la musique, les films, les documentaires.

Voici la solution pour les vers holorimes de la dernière fois, attention ce n'est pas très digeste :
 
"Par le bois du djinn où s'entasse de l'effroi
Parle, bois du gin ou cent tasses de lait froid"


 

                                               

#2021-4

Vu les circonstances, je crois que je ferais mieux d'abandonner l'idée qui m'était venue de vous présenter quelques-uns de mes livres préférés, à cause de leurs titres, disons, pas très optimistes. Voici les titres de romans auxquels vous avez échappé:
Vie et destin,
Le Coup de grâce,
La Supplication,
Les Naufragés et les rescapés,
Façons de perdre,
Je ne reverrai plus le monde. 
Un peu dur, n'est-ce pas?  Ce n'est pas vraiment le moment, oui, je comprends. 
Cela dit, vous ne perdez rien pour attendre, je finirai bien par vous en parler, mais plus tard !

Changement de programme, donc. 
Voici quelques ouvrages qui auront peut-être le pouvoir de vous dérider, voire de vous faire rire:
Si vous ne connaissez pas Raymond Queneau, il vous faut lire Zazie dans le métro, un roman très drôle où l'auteur s'amuse à écrire certains mots tels qu'ils se prononcent et ça commence par "Doukipudonktan, se demanda Gabriel, excédé". 
J'aime beaucoup aussi le court roman (une centaine de pages) de Dürrenmatt: La Panne, où un personnage tombé en panne se fait gentiment héberger par un juge à la retraite qui a invité à dîner ses amis, à savoir un avocat et un procureur. Un vrai régal d'humour noir !
Enfin l'Anglais Ian Mc Ewan a publié Dans une coque de noix, assez délirant mais je n'en dirai pas plus.
 

Arte.tv recèle comme toujours quelques joyaux, et je m'en voudrais de ne pas vous signaler le sublime "Dance or die" (danse ou meurs) qui montre un jeune danseur classique syrien, déterminé à pratiquer son art coûte que coûte, et qui a fini par se retrouver aux Pays-Bas. Son père le reniait au début, avec le préjugé que la danse, ce n'est pas pour les garçons, et à la fin... eh bien à la fin, allez voir ! Attention, après le 2 avril, ce ne sera plus diffusé.

"L'or ou la vérité" est l'anagramme de "l'avoir ou l'être". Ce qui est fascinant dans les anagrammes, c'est que l'on y trouve du sens, bien souvent.

Vous connaissez peut-être le principe des vers holorimes : ils riment du début à la fin. Même si ce n'est pas très poétique, au moins, c'est une prouesse technique. En voici deux de Victor Hugo:
"Et ma blême araignée, ogre illogique et las
Aimable, aime à régner au gris logis qu'elle a."

Mais ne croyez pas vous en tirer à si bon compte, à votre tour maintenant de trouver le vers qui complète celui-ci:
"Par le bois du Djinn où s'entasse de l'effroi
                                                                        "

Allez, tenons le coup, on commence à voir le bout du tunnel. 
A dans un mois, à peu près.

Florence
 






 

#2021-3

J'ai promis de vous parler de Lansdale et de Camilleri, alors, les voilà.
Lansdale est un auteur américain dont les polars se déroulent souvent au Texas, et son humour donne beaucoup de piquant à ses histoires. Camilleri, lui, était un auteur sicilien, de polars aussi, mais pas seulement, et il a la bonne idée de nous donner des recettes de cuisine lorsque son commissaire Montalbano fait la pause pour se restaurer. Je vous mets les couvertures de quelques livres, mais ce n'est qu'un échantillon.

La lecture, en ces temps difficiles, reste un des meilleurs moyens de s'évader.
Quand vous ne savez plus quoi lire, il y a une liste qui elle, ne risque pas de trop vous décevoir, c'est celle des prix Nobel de littérature. Pourquoi? Parce que, loin des effets de mode ou des renvois d'ascenseur entre grandes maisons d'édition, le Nobel est gage de qualité, récompensant, au plan international l'oeuvre entière d'un écrivain.

Peut-être connaissez-vous la phrase de Franz Kafka :"On ne devrait lire que des livres qui vous mordent et vous piquent (...) Un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous".
Et là, on se rend compte à quel point c'est vrai, et combien on a pu lire de livres insignifiants, au point d'oublier jusqu'à leur titre, et pire, de les racheter une deuxième fois !
J'essaye donc de vous suggérer des ouvrages vraiment littéraires, non parmi les classiques, que tout le monde connaît, au moins de nom, mais parmi les contemporains.
Deux romanciers actuels me semblent susceptibles de retenir l'attention pour longtemps, Philippe Claudel et Laurent Gaudé. Du premier, je recommande La petite fille de M. Linh, du second Eldorado.

Si vous voulez partager des moments sympathiques avec vos enfants (ou petits enfants), pourquoi n'essayeriez-vous pas de lire du théâtre à plusieurs voix avec eux ? Pas la peine de chercher très loin, vous prenez L'Avare de Molière, ou n'importe quelle comédie que vous avez dans vos rayonnages.
Double bénéfice : vous passez un moment joyeux avec vos jeunes et vous les cultivez sans en avoir l'air.  
Vous pouvez aussi leur lire des nouvelles, j'ai pratiqué cela avec Marcovaldo d'Italo Calvino, grand auteur italien, des nouvelles courtes où le personnage se comporte un peu comme Charlot, et on s'en souvient longtemps après.

Vous avez sans doute entendu parler de la série En Thérapie, 35 épisodes de 25 minutes chacun, qui passe en ce moment le jeudi soir sur Arte et que l'on retrouve intégralement sur Arte.tv. Cela vaut vraiment la peine!

J'ai découvert deux peintres qui font rêver : Sam Szafran et Chiara Gaggiotti. Allez jeter un coup d'oeil, ça change des "performances" égocentriques qui s'autoproclament artistiques. C'est Benjamin Olivennes qui réhabilite l'art comme travail de la main, comme création, et qui nous conseille de nous fier à notre jugement, à notre admiration (ou pas) et dans sa liste de peintres injustement oubliés, il cite ceux-là.

La réponse à la devinette de l'autre fois, c'est le palindrome : vous pouvez lire la même phrase dans les deux sens, de gauche à droite et de droite à gauche.
Vous connaissez le principe de l'anagramme (nom féminin) : avec les lettres d'un mot (ou de plusieurs), on en fabrique un autre. La plus célèbre est Marie - aimer.
Alors essayez de trouver quels mots ont pu former l'anagramme suivante : l'or ou la vérité.

A la prochaine fois. D'ici là, portez-vous bien !

Florence
 

PS  La chaîne éphémère Culturebox est accessible gratuitement sur le canal 19 de la TNT, donc tout le monde peut la trouver, elle propose une grande diversité d'émissions, dans tous les arts existants, ça vaut vraiment la peine d'aller y faire un tour, il y a des pépites à découvrir, par exemple le musicien Thylacine qui fait de la techno sur un morceau de piano d'Erik Satie !
 

        

#2021-02

En ces temps difficiles où notre rapport aux autres est singulièrement altéré, où les lieux de spectacle sont interminablement fermés, peut-être avons-nous besoin de nous remémorer ce que peut être un spectacle partagé. Je vous suggère donc quelques petites vidéos brèves mais belles :
Le duo de Freddie Mercury et Montserrat Caballé chantant ensemble Barcelona,
Le tango  hyper sensuel dansé par Jennifer Lopez et Richard Gere dans la pénombre.
 
Si vous êtes prêts à accorder 119 mn à un spectacle de danse, l’Opéra de Paris propose sur Arte.tv, à la rubrique « concerts », quatre ballets absolument incroyables, filmés par Cédric Klapisch, et qui commencent dans l’entrée et les escaliers du palais Garnier.
Les galeries de photographie sont fermées aussi, mais on découvre des splendeurs grâce à Internet. La photographe Vivian Maier, simple domestique à Chicago, était inconnue jusqu’à ce qu’un certain John Maloof achète des boîtes pleines de négatifs lors d’une vente aux enchères et se rende compte du talent de la photographe qu’il fit amplement connaître. Elle a pris de dizaines de milliers de photos, et en cherchant sur différents sites vous en découvrirez beaucoup d’autres par vous-mêmes.
Peut-être n’avez-vous plus rien à lire ?
Vous pouvez relire vos meilleurs ouvrages, en parcourant vos rayonnages de bibliothèque, vous trouverez sûrement des livres que vous chérissez plus que d’autres. Mettez-les un peu en avant et feuilletez-les, vous verrez bien s’ils vous donnent envie de les relire. Vous avez sans doute des recueils de nouvelles de Maupassant, il en a écrit environ trois cents, et c’est vite lu et très varié puisqu’il a écrit des nouvelles fantastiques (Le Horla, La Peur), mais aussi des nouvelles réalistes comme Aux Champs, Le Baptême, Deux Amis, Boule de suif, Coco, Le Papa de Simon.
Vous voulez du polar ? Je peux vous proposer Alex de Pierre Lemaître, Après la guerre d’Hervé le Corre, Entre deux mondes d’Olivier Norek, Un Employé modèle de Paul Cleave. La prochaine fois, c’est promis, je vous parlerai de Lansdale, et de Camilleri…
C’est la sociologie qui vous intéresse ? Christophe Guilluy nous prédit avec une certaine lucidité La Fin de la classe moyenne occidentale, et Cynthia Fleury, dans Ci-gît l’amer nous met en garde contre le ressentiment.
 
Pour finir sur une pirouette, je vous propose une petite devinette :
Que voyez-vous de commun entre ces deux fragments ?
Un drôle de lord nu
Oh ! cela te perd, répéta l’écho.
 
 A bientôt, gardez le moral !
 
Florence

#2021-01

Les théâtres et les cinémas sont fermés, les musées aussi, mais heureusement, on peut voir des spectacles de danse contemporaine grâce à Arte. La chaîne met en effet beaucoup de spectacles en tout genre (films, documentaires, concerts, ballets) à notre disposition sur arte.tv.

Il est proposé actuellement un spectacle mêlant breakdance et jeux d’éclairage, intitulé Pixel, du chorégraphe Mourad Merzouki, spectacle de 71 mn qui est une véritable splendeur.

Je vous recommande également un documentaire sur Netflix, Derrière nos écrans de fumée (titre original : The social dilemma), où l’on voit des interviews de divers fondateurs des réseaux sociaux, dans la Silicon Valley, qui s’inquiètent sérieusement des répercussions de leurs inventions et nous mettent ainsi en garde. Le film est de Jeff Orlowski, tout récent : 2020.

Et puis si vous aimez lire, Sandrine Collette écrit des romans qui marquent. Elle fait évoluer ses personnages dans des cadres naturels assez hostiles, que ce soit la haute montagne (Six fourmis blanches), la mer qui monte (Juste après la vague), entre autres. C’est le genre d’auteur à qui on a envie de téléphoner pour demander : « alors, le suivant, c’est pour quand ? Pressez-vous un peu, on attend ! »

  

                                                                                              Florence