Petite chronique culturelle de Florence

 

Pourquoi cette chronique ? vous demandez-vous.
Parce que c'est ma façon de m'engager pour la commune, maintenant que, à la retraite, j'ai du temps libre.
Si je me permets de donner des conseils, c'est que j'ai été professeur de français pendant 42 ans (je suis agrégée de Lettres modernes) et que les livres, c'est mon domaine de prédilection. Mais pas seulement, car j'aime les arts en général: danse, musique, cinéma, théâtre, peinture, sculpture, etc...
J'essaie de vous proposer des créateurs dans les domaines les plus variés, afin d'aiguiser votre curiosité. La culture appartient à tous, on trouve toujours le temps de découvrir des artistes, et il y a un certain bonheur à voir le monde sous d'autres angles grâce à eux et à sortir de notre cocon routinier. 

La culture, ça se partage aussi, c'est pourquoi je vous invite à enrichir cette petite chronique, en faisant part vous aussi de vos découvertes. Envoyez les moi à cette adresse.

 

#2021-7

Bonjour !
L'offre culturelle reprend des proportions à peu près normales, nous aurons du choix dorénavant.
Pour les livres, on ne pense pas toujours à lire du théâtre, or s'il est vrai que le théâtre est fait pour être joué, la plupart des pièces sont publiées, donc accessibles en permanence. On entend parler de Florian Zeller dont le film The Father sort actuellement au cinéma de Pont L'Evêque. Il a aussi écrit un petit bijou de drôlerie, L'Envers du décor, où il entremêle conversation et pensées secrètes des personnages, dans deux typographies différentes, et comme évidemment les deux se contredisent, c'est comique.
Yasmina Reza aussi écrit pour le théâtre, et la pièce qui l'a fait connaitre s'intitule Art, jouée la première fois par Luchini, Arditi et Vaneck en 1994. L'un des personnages a acheté excessivement cher un tableau tout blanc et les autres se moquent de lui. C'est court et percutant. On trouve facilement la pièce en vidéo sur Internet.

Le film Des Hommes qui sort actuellement, est tiré d'un roman de Laurent Mauvignier, qui a aussi écrit un livre poignant sur le drame du stade du Heysel en Belgique : Dans la foule.
Le film Nomadland, très primé, devrait valoir la peine d'être vu lui aussi.

Dans les récits et romans, je recommande La Supplication de Svetlana Alexievitch (prix Nobel de littérature 2015, quand même!). Il s'agit de témoignages sur l'explosion de la centrale de Tchernobyl.
Si votre mémoire est bonne, ce titre fait partie des 6 proposés dans ma Chronique n° 4, des titres un peu désespérés. Eh bien j'ai le plaisir d'annoncer que le 6ème de la série n'a plus lieu d'être, Je ne reverrai plus le monde, même si le livre est très beau, parce que son auteur, Ahmet Altan, vient d'être libéré.
J'aime beaucoup la romancière américaine Joyce Carol Oates, et en particulier Ma Vie de cafard, et Sacrifice, qui  se déroulent dans l'Amérique raciste actuelle.

Beaucoup de bons films disponibles sur Arte.tv, comme c'est souvent le cas. Il faut aller voir par vous-mêmes. 
Profitez bien de l'été.

Florence
 

 


 

#2021-6

Bonjour !
Quelques bonnes nouvelles à annoncer enfin !
Le cinéma Le Concorde à Pont L'Evêque rouvre comme prévu mercredi 19 mai, avec une jauge réduite pour le moment à 56 spectateurs.
Quand on sait qu'il va y avoir un véritable embouteillage de films parce que ceux sortis avant le premier confinement viennent en concurrence avec tous ceux qui ont été tournés depuis, cela va donner un vaste choix.

L'ECD : Equipement culturel de Deauville (Les Franciscaines, avenue de la République), a ouvert ses portes. 
L'endroit est magnifique et je vous recommande particulièrement l'exposition temporaire (elle se termine en août 2021) "Sur les chemins du Paradis", organisée par  Régis Debray, qui montre à travers de multiples oeuvres différentes conceptions du paradis, de l'Antiquité à nos jours. Le catalogue de l'exposition est très riche et très documenté.
Les activités proposées aux Franciscaines sont variées et on ne peut plus modernes, comme vous pouvez le voir avec la Micro-folie.
 

Pour les amateurs de séries, Salamandre sur Arte.tv peut vous plaire, une saison de 12 épisodes, dont l'intrigue se déroule dans les milieux politiques belges.
J'ai aussi beaucoup aimé Hatufim, l'histoire de deux soldats israéliens de retour au pays après dix-sept ans de captivité. C'est le même réalisateur qui a produit ensuite la géniale série Homeland, visible sur Netflix.
Si vous aimez Joe Cocker, vous le verrez en concert à Berlin sur Arte.tv jusqu'au 29 mai, mais le mieux c'est que vous alliez vous-même explorer la diversité musicale d'Arte. D'ailleurs vous trouverez toutes vos musiques favorites sur Youtube tout simplement.

Portez-vous bien, n'hésitez pas à me faire part de vos remarques ou de vos suggestions.

Florence
 

#2021-5

Bonjour!

Difficile actuellement de faire des découvertes variées hors les livres et les films ou les séries. Pas de spectacle vivant. 
Je vais tout de même vous proposer quelques livres.
Un essai remarquablement documenté sur la France des "territoires" comme on dit, écrit en 2020 par Salomé Berlioux, intitulé Nos Campagnes suspendues, qui témoigne de la façon dont est vécu le confinement dans la France rurale. C'est passionnant, plein de témoignages, ça parle de tous les âges et de tous les métiers.
Un autre essai, de Régis Debray, Civilisation, au sous-titre explicite: "Comment nous sommes devenus américains".
Enfin, dans la petite collection Tracts de chez Gallimard, Municipales. Banlieues naufragées (39 pages) de Didier Daeninckx, un auteur surtout connu pour ses romans policiers sur fond historique.

Maintenant, pour les films et les séries, j'ai été emballée par des séries turques:
50 m2 (oui, c'est le titre) où l'on voit quelques habitants d'un quartier populaire s'entraider pour éviter d'être expulsés. 
Fi (c'est le titre, là aussi), qui tourne autour d'un milieu d'artistes, danseurs et musiciens, avec un vilain manipulateur qui met la zizanie. C'est magnifique, on voit Istanbul, la musique est belle et l'intrigue est prenante.
Ces deux séries sont visibles sur Netflix.

Peut-être avez-vous pris l'habitude d'aller voir sur le site Arte.tv s'il y a quelque chose de bon à se mettre sous la dent, franchement il y en a pour tous les goûts, aussi bien pour la danse, la musique, les films, les documentaires.

Voici la solution pour les vers holorimes de la dernière fois, attention ce n'est pas très digeste :
 
"Par le bois du djinn où s'entasse de l'effroi
Parle, bois du gin ou cent tasses de lait froid"


 

                                               

#2021-4

Vu les circonstances, je crois que je ferais mieux d'abandonner l'idée qui m'était venue de vous présenter quelques-uns de mes livres préférés, à cause de leurs titres, disons, pas très optimistes. Voici les titres de romans auxquels vous avez échappé:
Vie et destin,
Le Coup de grâce,
La Supplication,
Les Naufragés et les rescapés,
Façons de perdre,
Je ne reverrai plus le monde. 
Un peu dur, n'est-ce pas?  Ce n'est pas vraiment le moment, oui, je comprends. 
Cela dit, vous ne perdez rien pour attendre, je finirai bien par vous en parler, mais plus tard !

Changement de programme, donc. 
Voici quelques ouvrages qui auront peut-être le pouvoir de vous dérider, voire de vous faire rire:
Si vous ne connaissez pas Raymond Queneau, il vous faut lire Zazie dans le métro, un roman très drôle où l'auteur s'amuse à écrire certains mots tels qu'ils se prononcent et ça commence par "Doukipudonktan, se demanda Gabriel, excédé". 
J'aime beaucoup aussi le court roman (une centaine de pages) de Dürrenmatt: La Panne, où un personnage tombé en panne se fait gentiment héberger par un juge à la retraite qui a invité à dîner ses amis, à savoir un avocat et un procureur. Un vrai régal d'humour noir !
Enfin l'Anglais Ian Mc Ewan a publié Dans une coque de noix, assez délirant mais je n'en dirai pas plus.
 

Arte.tv recèle comme toujours quelques joyaux, et je m'en voudrais de ne pas vous signaler le sublime "Dance or die" (danse ou meurs) qui montre un jeune danseur classique syrien, déterminé à pratiquer son art coûte que coûte, et qui a fini par se retrouver aux Pays-Bas. Son père le reniait au début, avec le préjugé que la danse, ce n'est pas pour les garçons, et à la fin... eh bien à la fin, allez voir ! Attention, après le 2 avril, ce ne sera plus diffusé.

"L'or ou la vérité" est l'anagramme de "l'avoir ou l'être". Ce qui est fascinant dans les anagrammes, c'est que l'on y trouve du sens, bien souvent.

Vous connaissez peut-être le principe des vers holorimes : ils riment du début à la fin. Même si ce n'est pas très poétique, au moins, c'est une prouesse technique. En voici deux de Victor Hugo:
"Et ma blême araignée, ogre illogique et las
Aimable, aime à régner au gris logis qu'elle a."

Mais ne croyez pas vous en tirer à si bon compte, à votre tour maintenant de trouver le vers qui complète celui-ci:
"Par le bois du Djinn où s'entasse de l'effroi
                                                                        "

Allez, tenons le coup, on commence à voir le bout du tunnel. 
A dans un mois, à peu près.

Florence
 






 

#2021-3

J'ai promis de vous parler de Lansdale et de Camilleri, alors, les voilà.
Lansdale est un auteur américain dont les polars se déroulent souvent au Texas, et son humour donne beaucoup de piquant à ses histoires. Camilleri, lui, était un auteur sicilien, de polars aussi, mais pas seulement, et il a la bonne idée de nous donner des recettes de cuisine lorsque son commissaire Montalbano fait la pause pour se restaurer. Je vous mets les couvertures de quelques livres, mais ce n'est qu'un échantillon.

La lecture, en ces temps difficiles, reste un des meilleurs moyens de s'évader.
Quand vous ne savez plus quoi lire, il y a une liste qui elle, ne risque pas de trop vous décevoir, c'est celle des prix Nobel de littérature. Pourquoi? Parce que, loin des effets de mode ou des renvois d'ascenseur entre grandes maisons d'édition, le Nobel est gage de qualité, récompensant, au plan international l'oeuvre entière d'un écrivain.

Peut-être connaissez-vous la phrase de Franz Kafka :"On ne devrait lire que des livres qui vous mordent et vous piquent (...) Un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous".
Et là, on se rend compte à quel point c'est vrai, et combien on a pu lire de livres insignifiants, au point d'oublier jusqu'à leur titre, et pire, de les racheter une deuxième fois !
J'essaye donc de vous suggérer des ouvrages vraiment littéraires, non parmi les classiques, que tout le monde connaît, au moins de nom, mais parmi les contemporains.
Deux romanciers actuels me semblent susceptibles de retenir l'attention pour longtemps, Philippe Claudel et Laurent Gaudé. Du premier, je recommande La petite fille de M. Linh, du second Eldorado.

Si vous voulez partager des moments sympathiques avec vos enfants (ou petits enfants), pourquoi n'essayeriez-vous pas de lire du théâtre à plusieurs voix avec eux ? Pas la peine de chercher très loin, vous prenez L'Avare de Molière, ou n'importe quelle comédie que vous avez dans vos rayonnages.
Double bénéfice : vous passez un moment joyeux avec vos jeunes et vous les cultivez sans en avoir l'air.  
Vous pouvez aussi leur lire des nouvelles, j'ai pratiqué cela avec Marcovaldo d'Italo Calvino, grand auteur italien, des nouvelles courtes où le personnage se comporte un peu comme Charlot, et on s'en souvient longtemps après.

Vous avez sans doute entendu parler de la série En Thérapie, 35 épisodes de 25 minutes chacun, qui passe en ce moment le jeudi soir sur Arte et que l'on retrouve intégralement sur Arte.tv. Cela vaut vraiment la peine!

J'ai découvert deux peintres qui font rêver : Sam Szafran et Chiara Gaggiotti. Allez jeter un coup d'oeil, ça change des "performances" égocentriques qui s'autoproclament artistiques. C'est Benjamin Olivennes qui réhabilite l'art comme travail de la main, comme création, et qui nous conseille de nous fier à notre jugement, à notre admiration (ou pas) et dans sa liste de peintres injustement oubliés, il cite ceux-là.

La réponse à la devinette de l'autre fois, c'est le palindrome : vous pouvez lire la même phrase dans les deux sens, de gauche à droite et de droite à gauche.
Vous connaissez le principe de l'anagramme (nom féminin) : avec les lettres d'un mot (ou de plusieurs), on en fabrique un autre. La plus célèbre est Marie - aimer.
Alors essayez de trouver quels mots ont pu former l'anagramme suivante : l'or ou la vérité.

A la prochaine fois. D'ici là, portez-vous bien !

Florence
 

PS  La chaîne éphémère Culturebox est accessible gratuitement sur le canal 19 de la TNT, donc tout le monde peut la trouver, elle propose une grande diversité d'émissions, dans tous les arts existants, ça vaut vraiment la peine d'aller y faire un tour, il y a des pépites à découvrir, par exemple le musicien Thylacine qui fait de la techno sur un morceau de piano d'Erik Satie !
 

        

#2021-02

En ces temps difficiles où notre rapport aux autres est singulièrement altéré, où les lieux de spectacle sont interminablement fermés, peut-être avons-nous besoin de nous remémorer ce que peut être un spectacle partagé. Je vous suggère donc quelques petites vidéos brèves mais belles :
Le duo de Freddie Mercury et Montserrat Caballé chantant ensemble Barcelona,
Le tango  hyper sensuel dansé par Jennifer Lopez et Richard Gere dans la pénombre.
 
Si vous êtes prêts à accorder 119 mn à un spectacle de danse, l’Opéra de Paris propose sur Arte.tv, à la rubrique « concerts », quatre ballets absolument incroyables, filmés par Cédric Klapisch, et qui commencent dans l’entrée et les escaliers du palais Garnier.
Les galeries de photographie sont fermées aussi, mais on découvre des splendeurs grâce à Internet. La photographe Vivian Maier, simple domestique à Chicago, était inconnue jusqu’à ce qu’un certain John Maloof achète des boîtes pleines de négatifs lors d’une vente aux enchères et se rende compte du talent de la photographe qu’il fit amplement connaître. Elle a pris de dizaines de milliers de photos, et en cherchant sur différents sites vous en découvrirez beaucoup d’autres par vous-mêmes.
Peut-être n’avez-vous plus rien à lire ?
Vous pouvez relire vos meilleurs ouvrages, en parcourant vos rayonnages de bibliothèque, vous trouverez sûrement des livres que vous chérissez plus que d’autres. Mettez-les un peu en avant et feuilletez-les, vous verrez bien s’ils vous donnent envie de les relire. Vous avez sans doute des recueils de nouvelles de Maupassant, il en a écrit environ trois cents, et c’est vite lu et très varié puisqu’il a écrit des nouvelles fantastiques (Le Horla, La Peur), mais aussi des nouvelles réalistes comme Aux Champs, Le Baptême, Deux Amis, Boule de suif, Coco, Le Papa de Simon.
Vous voulez du polar ? Je peux vous proposer Alex de Pierre Lemaître, Après la guerre d’Hervé le Corre, Entre deux mondes d’Olivier Norek, Un Employé modèle de Paul Cleave. La prochaine fois, c’est promis, je vous parlerai de Lansdale, et de Camilleri…
C’est la sociologie qui vous intéresse ? Christophe Guilluy nous prédit avec une certaine lucidité La Fin de la classe moyenne occidentale, et Cynthia Fleury, dans Ci-gît l’amer nous met en garde contre le ressentiment.
 
Pour finir sur une pirouette, je vous propose une petite devinette :
Que voyez-vous de commun entre ces deux fragments ?
Un drôle de lord nu
Oh ! cela te perd, répéta l’écho.
 
 A bientôt, gardez le moral !
 
Florence

#2021-01

Les théâtres et les cinémas sont fermés, les musées aussi, mais heureusement, on peut voir des spectacles de danse contemporaine grâce à Arte. La chaîne met en effet beaucoup de spectacles en tout genre (films, documentaires, concerts, ballets) à notre disposition sur arte.tv.

Il est proposé actuellement un spectacle mêlant breakdance et jeux d’éclairage, intitulé Pixel, du chorégraphe Mourad Merzouki, spectacle de 71 mn qui est une véritable splendeur.

Je vous recommande également un documentaire sur Netflix, Derrière nos écrans de fumée (titre original : The social dilemma), où l’on voit des interviews de divers fondateurs des réseaux sociaux, dans la Silicon Valley, qui s’inquiètent sérieusement des répercussions de leurs inventions et nous mettent ainsi en garde. Le film est de Jeff Orlowski, tout récent : 2020.

Et puis si vous aimez lire, Sandrine Collette écrit des romans qui marquent. Elle fait évoluer ses personnages dans des cadres naturels assez hostiles, que ce soit la haute montagne (Six fourmis blanches), la mer qui monte (Juste après la vague), entre autres. C’est le genre d’auteur à qui on a envie de téléphoner pour demander : « alors, le suivant, c’est pour quand ? Pressez-vous un peu, on attend ! »

  

                                                                                              Florence